Session de sensibilisation pour la lutte contre les VBG à l'intention des femmes membres des comités de gestion des VSLA multipartites .
Dans le cadre de la Campagne des 16 jours d’activisme contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), édition 2024, le BLTP a organisé le 10/12/2024 une session de sensibilisation des femmes membres des comités de gestion des VSLA (Village Saving and Loans Associations) multipartites qu’il appuie à travers le projet Women Leadership and participation for Peace (LEAP4Peace) en vue d’accroitre leurs connaissances sur la problématique des VSBG et les stratégies visant leur éradication.
Cette session a été une occasion pour ces femmes d’avoir un aperçu sur l’état des lieux des VBG au Burundi, les avancées connues depuis la Déclaration et Programme d'action de Beijing ainsi que sur les actions concrètes déjà menées pour réduire les violences faites aux femmes. Toutes les participantes à la session portaient des T-Shirt oranges, couleur adoptée par l'ONU et d'autres organisations internationales comme symbole de la lutte contre les VBG.
Dans son discours d’ouverture, la Conseillère économique et Sociale au cabinet du Gouverneur de la province de Gitega, Mme Marie Nindemera a d’abord souhaité la bienvenue à tous les participants à la session dans la belle province de Gitega et a remercié le BLTP au nom du Gouverneur de Gitega qui l’a mandatée. Dans son discours, elle a passé en revue la situation qui prévaut au Burundi en matière de VBG et a prodigué des conseils aux participantes à la session. Elle a relevé le fait que les VBG restent une réalité au Burundi et qu’elles touchent particulièrement les femmes sous diverses formes : i) les violences physiques (Gukubitwa), ii) les violences économiques et sociales qui se manifestent par un refus d’accès aux revenus et aux opportunités de promotion sociale, iii) les violences psychologiques (Gutuntuzwa ku mutima) et verbales (humiliation et insultes) qui se manifestent à travers une privation de liberté et des mots blessants et humiliants (Nta kandi k’abagore : il ne faut rien attendre de bon des femmes), ntajambo ry’umugore (aucun mot utile ne peut sortir de la bouche d’une femme), nta nkoko-kazi ibika isake ihari (la poule ne chante pas quand le coq est dans les parages : les femmes ne devraient pas parler en public en présence des homme etc.).
Elle a ajouté que ces violences sont liées à des pratiques et croyances traditionnelles qui dévalorisent les femmes et les mettent dans une condition de citoyens de seconde zone. Elle a fait remarquer que cette dévalorisation commence dans la famille en donnant plus d’opportunité aux garçons pour qu’ils puissent se prendre en charge une fois adultes alors que la petite fille est délaissée, certaines familles considérant que son destin est lié à celui de son futur mari. Ainsi, aucun effort n’est fait pour lui ouvrir des opportunités (refus de scolarisation ou déscolarisation précoce). Elle a alors conseillé aux participantes qu’elles doivent combattre cette dévalorisation de la fille en discutant avec leurs maris pour leur montrer que les enfants, filles et garçons, sont égaux et qu’elles doivent donner l’exemple en mettant leurs enfants sur un pied d’égalité. Quand le garçon grandit en croyant qu’il est supérieur à ses sœurs, il se croira supérieur à toutes les femmes une fois adulte, mais au contraire si il grandit en sachant qu’il a la même valeur que ses sœurs, il y a de fortes chances qu’il valorise sa femme une fois marié, a-t-elle affirmé.
Pour conclure son discours, elle a fait remarquer aux participantes qu’elles peuvent utiliser leurs associations VSLA pour défendre leurs droits. Elle a montré que les associations VSLA sont un bon moyens pour lutter contre les VBG parce qu’elles ont pour objectif de contribuer à l’autonomisation financière de leurs membres et il est plus facile pour une femme autonome financièrement de défendre ses droits.
Après l’ouverture de l’atelier, la consultante qui a animé la session de sensibilisation a présenté le programme du jour qui était articulé autour de quatre principaux points : i) la définition de quelques concepts clés, ii) l’état des lieux des VBG au Burundi et les formes de violences faites aux femmes et aux filles dans la société, iii) la prise en charge des victimes des VBG et iv) les mesures à prendre pour lutter contre les VBG. A l’issue des débats qui ont intervenu après la présentation, il est devenu clair que les VBG restent une réalité au Burundi et qu’elles ont des conséquences énormes sur la santé physique, mentale, et sexuelle de la victime ainsi que sur le développement socio-économique de la victime et du pays.
La session s’est terminée sur un débat sur les mesures qui permettraient de mieux lutter contre les VBG. Les mesures proposées concernent i) une amélioration de la prise en charge des victimes des VBG, ii) une tolérance zéro aux VBG qui passeraient par une dénonciation des cas de VBG par la population parce qu’il il est apparu que certaines familles préfèrent passer sous silence les crimes basées sur le genre (en particulier des violences sexuelles) commises sur ou par un membre de leurs familles pour éviter l’humiliation), iii) des campagnes de sensibilisation visant à lutter contre les inégalités sociales entre les femmes et les hommes, iv) encouragement des femmes à intégrer des associations VSLA ou des coopératives pour renforcer leur estime de soi et leur indépendance économique.